L'instant T

Certains pourraient penser que la danse et la photographie sont deux arts bien éloignés et qu'ils n’ont rien en commun. Pourtant il existe un lien fusionnel entre ces deux arts, ils se superposent à merveille, extraordinairement symétriques, transcrivent tous deux la grâce et la beauté du mouvement, et lorsque ces deux arts se rencontrent, rien ne saurait être aussi vrai… la danse et la photographie fusionnent en un art majestueux seul à pouvoir déployer et transformer cette grâce et cette beauté en perpétuelle émotion…

Mais qu’est-ce que la danse ? Un enchaînement de mouvements ? L’expression effrénée d’une gestuelle précise et harmonieuse ? L’entrée des corps dans des équilibres effrayants et insolants ? Et qu’est-ce que la photographie ? Ne serait-ce pas tout cela aussi ?

Et c’est en lisant ce passage du texte « La philosophie de la danse »  de Paul Valéry (1936) qu’il est possible de réaliser dans quelle mesure la danse et la photographie peuvent être commensurables.
« Il lui apparaît que cette personne qui danse s’enferme, en quelque sorte, dans une durée qu’elle engendre, une durée toute faite d’énergie actuelle toute faite de rien qui puisse durer. Elle est l’instable, elle prodigue l’instable, passe par l’impossible, abuse de l’improbable ; et, à force de nier par son effort l’état ordinaire des choses, elle crée aux esprits l’idée d’un autre état, d’un état exceptionnel, – un état qui ne serait que d’action, une permanence qui se ferait et se consoliderait au moyen d’une production incessante de travail, comparable à la vibrante station d’un bourdon ou d’un sphinx devant le calice de fleurs qu’il explore, et qui demeure, chargé de puissance motrice, à peu près immobile, et soutenu par le battement incroyablement rapide de ses ailes. »

Mais quelle est la place de la photographie dans une époque où l’œil éprouve le besoin de s’affoler, en constante recherche d’images qui bougent et qui résonnent ?
La photographie s’impose comme un rempart salvateur, celui qui calme et accueille l’œil et l’esprit dans un espace apaisé, silencieux mais percutant de force… L’œil et l’esprit ne sont plus saturés par les images qui défilent, mais juste arrêtés sur ce mouvement figé, cette émotion capturée, comme enfermée… c’est un espace-temps parallèle où l’on peut entrevoir et se délecter de l’insaisissable instant. Et c’est là toute la force de la photographie, cette capacité à retenir l’éphémère, mais au-delà de ça, c’est là où réside le talent du photographe, la capacité de fixer le temps, de s’emparer du fugitif…

Il n’y a aucun a priori dans la photo de danse ; le photographe n’invente rien et ne décide de rien… et contrairement à ce nombreux que pourraient penser, parfois certains photographes eux-mêmes, le photographe ne saurait inventer la beauté ou la grâce, il n’en est que le messager, mais incarner ce rôle n’est pas une chose aisée car ce n’est pas en tant que photographe qu’il réussi mais en tant que spectateur qui s’émerveille de ce qu’il voit… oui, et c’est bien de cela qu’il s’agit, au-delà de toute maîtrise des éléments ou des conditions, pour capturer la beauté, le photographe doit s’en émerveiller.

Ce qui amène à une question cruciale : est-il possible de s’émerveiller de toutes les danses et de tous les danseurs ? Incontestablement non. De même qu’il existe des clichés dénués d’émotions, il existe des pas qui ne sauraient émouvoir…

Mais il y en existe qui éblouissent, qui inspirent… Ces pas tracent des faisceaux invisibles qui percutent l’objectif, le photographe entrevoit alors dans son viseur une énergie, une passion qu’il est le seul à pouvoir capturer… Il en a été ainsi des pas de Asun Noales et Sebastian Rowinsky de la compagnie Otra Danza, un duo mémorable qui nous a marqué lors du Festival Cuerpo Romo de 2016 à Torrevieja par son interprétation remarquable de « Vacio ». Ce duo dégageait une beauté rare, vraie, sans artifices, flirtant harmonieusement avec la lumière…

Mais au-delà de l’exécution parfaite de la gestuelle, ce n’est pas tant la maîtrise de l’espace et de l’apesanteur qui éblouit mais c’est cette flamme dans l’œil du danseur avivée par sa propre passion, elle jaillit à l’instant T où il se transcende lui-même dans un mouvement à la fois précis et improbable… Cette flamme fugitive à l’œil est celle que le photographe capture… elle viendra donner vie à l’image, poser cette lueur si singulière qui fera vivre la perpétuelle émotion…

Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
Otra Danza
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Otra Danza
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